Tu n'es pas ta blessure
- Andreia Médium, Thérapeute Holistique

- 29 juil.
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 30 juil.

« Tu n'es pas ce qui t'est arrivé. » On connaît la phrase. On la trouve juste, on approuve. Et on continue de vivre comme si on l'était. Parce que comprendre une vérité, ce n'est pas encore la vivre. C'est là qu'on va aller.
On finit par se confondre avec sa blessure
Ce qui t'est arrivé a laissé une trace. C'est normal. Le corps se souvient. Un jour, pour survivre, quelque chose en toi a plié. Tu t'es méfié, tu t'es tu, tu t'es fait petit. Ce n'étaient pas des défauts. C'étaient des protections. Elles t'ont sauvé.
Le problème, c'est qu'elles sont restées. Le danger est parti, mais toi, tu continues de te protéger. L'épreuve n'est plus devant toi : elle est en toi. Elle est devenue ta façon de te tenir, d'aimer, d'attendre toujours le pire. Et petit à petit, tu as pris la cicatrice pour ton visage. Tu dis « je suis comme ça », alors que tu parles d'une blessure, pas de toi.
Tu n'es pas brisé. Tu es recouvert.
Imagine une source. Une pierre y tombe, puis une autre, puis la terre, les feuilles, les années. L'eau ne coule plus. On dirait qu'il n'y a plus rien. Pourtant la source est là, dessous. Intacte. Elle n'a jamais cessé d'être une source. Elle est seulement recouverte.
Une blessure, c'est ça. Pas une cassure. Un recouvrement. Personne ne t'a brisé. On t'a recouvert. Et ça change tout. Parce que guérir, ce n'est plus se reconstruire. Tu n'as pas à devenir quelqu'un d'autre, quelqu'un de réparé. Tu as juste à retirer. Enlever, une à une, les pierres qui ne sont pas toi. Les peurs qu'on t'a transmises. Les rôles qu'on t'a fait porter. L'image de toi que l'épreuve a fabriquée. Dessous, il y a l'original. Il n'a jamais bougé.
Deux personnes, la même épreuve
Deux personnes vivent la même chose. L'une s'y enferme, l'autre en fait une force. On dit que la différence est dans le sens qu'elles donnent. C'est vrai. Mais ça ne va pas assez loin.
La vraie différence, c'est ce qu'elles font de ce qu'elles ont vécu. L'une reste prisonnière de sa blessure. Elle la défend, elle la protège, elle finit par vivre à travers elle sans le vouloir. L'autre ne cherche pas à revenir en arrière. Revenir à avant, ce serait renier ce qu'on a traversé, faire comme si ça n'aurait pas dû arriver. Elle ne renie rien. Mais elle ne reste pas dedans non plus. Elle prend ce qu'elle a vécu et elle en fait un outil. La douleur devient un savoir. La chute devient un appui. Ce qui l'a traversée devient ce qui la porte. Elle ne redevient pas celle qu'elle était : elle devient celle qu'elle n'aurait pas pu être sans avoir traversé ça.
Parce que la vie ne se réorganise pas autour de ce que tu as vécu. Elle se réorganise autour de ce que tu es. Tant que tu te vis comme « celui à qui c'est arrivé », la vie te répond comme à celui-là. Le jour où tu deviens vraiment toi, tout change autour de toi.
Par où ça commence
Pas par une technique. Il n'y a rien de plus à faire. Il y a quelque chose à poser.
Ça commence quand tu arrêtes de te présenter par ta blessure. Tant que ton histoire est ta carte d'identité, tu la gardes vivante. Parle de ce que tu as compris, plus seulement de ce que tu as subi.
Ça continue quand tu apprends à faire le tri. Devant une peur, une réaction, une croyance, pose-toi une seule question : est-ce vraiment moi, ou est-ce ce qu'on m'a appris à être ? Ce qui n'est pas toi tombe dès que tu le regardes en face.
Et ça se termine quand tu arrêtes de réfléchir pour ressentir. La tête comprend, mais elle ne libère pas. On ne guérit pas d'une douleur en y pensant mieux. On en guérit en osant enfin la sentir, sans fuir. Ce que tu ressens n'est pas un problème. C'est ton être qui te montre où il est encore recouvert.
Ce qui reste
Ce qui t'a traversé n'était pas là pour te définir. C'était un passage. Douloureux, injuste peut-être. Mais un passage. Tu n'as pas à y retourner. Tu n'as pas non plus à faire comme s'il n'avait jamais existé. Tu as à en faire quelque chose. Et un jour, ce qui a failli te briser devient exactement ce qui te fait progresser. Pas parce que le mal était un bien déguisé. Mais parce que tu as enlevé les pierres qui n'étaient pas toi. Et laissé l'eau couler de nouveau.
Tu n'es pas ce qui t'est arrivé. Tu es ce que tu en as fait.




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